Les Cahiers du Djembé · critique
L’élite en Afrique Noire, apporte-elle le développement : l’exemple du Cameroun ?

L’élite en Afrique Noire, apporte-elle le développement : l’exemple du Cameroun ?
Où devrait-on loger l’élite parmi les indicateurs d’un Etat puissant : militaire, territoire, population, économie, culture, diplomatie ? Bien évidement au rang de la population. En effet, introduite en Afrique depuis l’époque de la colonisation, elle renvoie selon la compréhension populaire à une personne la plus distinguée qui occupe un poste au sein du gouvernement ou encore travaille pour le compte de l’Etat. Ainsi, on est élite non pas seulement par ce qu’on est, ni encore moins, par ce que l’on a. Mais on est élite aussi et surtout par ce que l’on fait, de ce que l’on est et/ou de ce que l’on a. Cette appellation renvoie à une minorité la plus souvent perçue meilleure ou influente, issue des secteurs variés et qui exerce du pouvoir et concentre des ressources dans une organisation. En d’autres termes, est considérée comme une élite, une personne appartenant à un petit groupe qui a réussi à se démarquer des autres (masse de personnes) dans une association afin d’être au-dessus, influence et détient non seulement du pouvoir mais concentre des ressources capables ou pas de porter les questions de développement d’une société.
Par ailleurs, l’on présente le développement comme cette capacité de transformation, de changement, de mutation d’un état ou d’une condition de vie déplorable pour un stade mélioratif, prospère et émergent. Il est donc le basculement à la fois des valeurs dignes et la mise en place des conditions structurelles, organisationnelles qui font la fierté d’un citoyen et attirent les autres. On reconnait communément son existence à travers ce qui se voit dans d’autres pays notamment européens, asiatique, américains etc., et l’immigration de nos jeunes frères noir de ce côté-là.
A travers leur position, elle illumine, elle est admirée et est souvent sous les projecteurs grâce à leur avoir et leur savoir. Cette poignée ou cette catégorie, malgré cette statue, mérite qu’on se pose tout de même quelques interrogations. Peut-on ou doit-on attendre d’être développé avec ladite élite ? Y’a-t-il lieu d’envisager le développement du Cameroun en particulier et de son continent en s’appuyant sur son élite interne ? Le Cameroun, a-t-il l’assurance que son élite le conduira au développement tel qu’observer dans les pays des blancs ?
On veut bien adopter une posture optimiste, mais à la lumière ou l’observation de la scène, c’est ahurissant, lamentable voire déplorable de dire impossible. Le destin du pays depuis 1990 nous amène à chercher les indicateurs de développement de cette nation en vain sur différents domaines. Par exemple au rang des valeurs socio-culturelles, éducatives, morales et mœurs ; il s’est installé un climat de « Sodome et gomorrhe », de précarité des acteurs de cette chaîne. Par la suite, des infrastructures industrialo-économiques et de transformation du paysage et d’amélioration des vies sont au « rouge » comme le reconnait le patron du GECAM Célestin Tawanba. Dans le pire des cas, elles n’ont jamais été construites pour les unes et les autres livrées voire réceptionnées bien que les déblocages des fonds aient été effectifs. Il n’y a par conséquent pas de corrélation ou du moins rien de perceptible malgré leur position et une véritable plus-value en termes de développement. D’après l’indice Legatum des pays prospères au monde, le Cameroun occupait le 151ème rang mondial en 2022 avant de passer au 147ème rang en 2023 en matière de prospérité.
C’est donc dire avec évidence que, cette élite plombe ou empêche le développement. Chacune cooptée directement ou proche indirectement du système qui gouverne, la question de développement n’est pas visiblement une réalité plus encore leur préoccupation. Il serait impératif pour l’avenir de l’Etat, aspirant à ce stade, de procéder à un casting des profils des élites méritantes et patriotes, instauration obligatoire de la culture des bilans ou des comptes chez ces élites, recourir à l’approche du suivi de leur action ou mandat, redynamiser en y introduisant des nouvelles visions portées par des nouveaux acteurs.
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