Les Cahiers du Djembé · critique

Thélyson Orélien chassé du Goncourt pour avoir utilisé l’IA, Philippe Jaenada couronné malgré son recours à l’IA : deux poids, deux mesures ?

Jameson LEOPOLDFacebook-SirJameson Leopold9 vues
Thélyson Orélien chassé du Goncourt pour avoir utilisé l’IA, Philippe Jaenada couronné malgré son recours à l’IA : deux poids, deux mesures ?
Thélyson Orélien chassé du Goncourt pour avoir utilisé l’IA, Philippe Jaenada couronné malgré son recours à l’IA : deux poids, deux mesures ? Le monde littéraire vient-il de révéler deux poids, deux mesures dans son rapport à l’intelligence artificielle ? Le 4 novembre 2026, Philippe Jaenada, lauréat du prix Goncourt 2026 pour son roman L’Inconnue du quai de Javel, a reconnu sur France Inter avoir utilisé ChatGPT à trois reprises dans son processus d’écriture. L’écrivain de 62 ans a notamment expliqué avoir intégré une phrase générée par l'intelligence artificielle dans son livre pour « jouer avec le lecteur », tout en reconnaissant avoir également utilisé cet outil pour effectuer des recherches techniques. Cette déclaration prend une dimension particulière lorsqu'on la replace dans le contexte de l'affaire Thélyson Orélien. L'auteur canado-haïtien, dont le roman C'était ça ou mourir avait été présenté comme l'un des favoris, a été retiré de la sélection du Goncourt et écarté d'autres prix littéraires à la suite de soupçons d'utilisation de l'intelligence artificielle. Son affaire a provoqué une véritable tempête dans le milieu littéraire, au point de placer la question de l'IA au cœur du débat sur l'authenticité de la création. Mais voilà que le lauréat du Goncourt reconnaît publiquement avoir lui-même utilisé cette technologie, sans que cela semble remettre en cause sa consécration littéraire. Mieux encore, Philippe Jaenada défend son utilisation : « On ne peut pas faire comme si ça n'existait pas. Il faut s'en servir, il faut le reconnaître, il faut l'apprivoiser et ne pas se faire remplacer. » Une position qui rejoint, sur le fond, le débat que l'affaire Orélien aurait dû permettre d'ouvrir plutôt que de le refermer sur des soupçons et des exclusions. Je ne prétends pas que les deux situations sont nécessairement identiques dans leurs modalités d'utilisation de l'IA. Cependant, une question demeure : pourquoi l'intelligence artificielle peut-elle être présentée comme un jeu et un outil de recherche lorsqu'elle est utilisée par un écrivain consacré, mais devenir un motif d'exclusion lorsqu'elle concerne un auteur comme Thélyson Orélien ? Dans cette affaire, le problème dépasse largement la technologie. Il interroge les critères de légitimité, les rapports de pouvoir et les mécanismes de consécration dans le monde littéraire. L'IA est-elle réellement le problème ou est-ce aussi la place de celui qui ose s'en servir ? Jameson LEOPOLD